Suite à l’analyse des bilans ORES Assets et Ores scrl, deux séries de questions apparaissent sur la thématique des émissions obligataires depuis 2012 et du cadre général de gestion de la dette.

Emissions obligataires depuis 2012

Dans le cadre de la gestion financière de la société ORES, il m’a été transmis, par un professionnel actif sur les marchés obligataires, un graphique représentant quelques emprunts obligataires d’intercommunales aux risques financiers analogues (à peu de choses près) et devant donc avoir accès à du financement dans des conditions tout à fait comparables. Toutes les sociétés reprises ne disposent pas systématiquement de rating financier ou encore de garanties explicites de l’Etat. Elles sont pourtant considérées comme présentant des risques similaires par les acteurs du marché obligataire.

Sur base du graphique qu’on m’a confié, on remarque que l’ensemble des acteurs (Eandis – l’équivalent d’ORES en Flandre, Infrabel, Elia ..) empruntent des fonds sur les marchés avec une marge par rapport aux taux SWAP de l’ordre de 40/50 bp (0.4% à 0.5%), tandis qu’Ores paye pour un emprunt échéant en 2021/2022 une marge de 150/160bp (1,50% à 1.60%). Si on compare cela à un emprunt de même maturité levé par l’Etat belge (OLO), l’écart est de l’ordre de 1,90% (1% = 20 millions/an).

Un autre exemple d’émission aberrante en 2014.

En juillet 2014, Ores emprunte un montant de € 80 millions à 30 ans à un taux de 4%, le tout via Defgroof.

Trois mois plus tard, Eandis emprunte € 170 millions à un taux de 3% pour une maturité similaire. Entre les 2 périodes, les taux d’intérêt (en l’occurrence, ici, le taux swap 30 ans) a baissé de l’ordre de 10/15bp (sur base des dates de valorisations). A nouveau, on peu clairement voir qu’Ores a payé une surprime de 85bp à 90bp (soit 0.85% à 0.9%) sur cet emprunt.

En aucun cas, le fait qu’Eandis dispose d’une cotation ne justifie cet écart, les investisseurs réalisant des analyses de risque de leur côté. Et à moins que la situation financière d’Ores ne soit jugée par le marché comme catastrophique, l’écart de taux ne devrait pas être aussi grand.

Ci-dessous, les données issues de Bloomberg

En résumé, par rapport à des sociétés comparables (en termes de risque financier), ORES paye 1% de plus (en moyenne) que ses pairs. Loin d’être un emprunt isolé, il apparaît que ce surcoût, cette prime de risque supplémentaire est systématiquement payée depuis 2012, date à laquelle ORES est devenue active sur les marchés obligataires.

Cette surprime interpelle … ORES pourrait-elle nous éclairer sur cette logique de levée de fonds manifestement « hors marché », présente-t-elle un bilan à ce point plus mauvais qu’Eandis, Elia, Infrabel, etc. Quelles données comparables utilise ORES pour juger du bon niveau de financement ? Y a-t-il une mise en concurrence correcte des banques ? Avec combien de contreparties travaille ORES ?

Dans ce cadre, la question des commissions versées aux banques se pose. En effet, face à un prix étonnamment cher, quelles sont les vérifications mises en place pour vérifier que les commissions payées aux banques sont en lignes avec les prix payés par le marché. Dans un tel environnement, des commissions gonflées par les banques constitueraient un préjudice pour la société.

Cadre général de gestion de la dette

Concernant les chiffres globaux de la dette, il serait tout abord éclairant de connaitre le type d’emprunts conclu par ORES. La société détient-elle des emprunts amortissables/bullet (emprunt remboursé à l’échéance – standard du marché obligataire), détient-elle des produits structurés (par exemple des produits liés à l’inflation, etc.), des options (cap/floor … ) ou des produits de couverture (swap … ) ?  En cas d’utilisation d’options/structures, comment le prix est-il vérifié par vos services ?

Pour la production des chiffres synthétiques de la dette, quelles sont les hypothèses retenues pour les éventuels emprunts dont la maturité est inconnue (par exemple des emprunts qui seraient prolongeables…), qu’en est-il de la duration et comment est-elle calculée ?

Y a-t-il un ensemble de règles de gestion préétablies ? Ores a-t-elle des objectifs en termes de duration, d’amortissements (y a-t-il une réflexion en termes de lissage des amortissements et de la gestion du risque de liquidité ?), etc. A-t-elle établi ces règles/des objectifs de ratio’s en fonction d’acteurs de marché comparables/comment s’assure-t-elle d’être en phase avec les bonnes pratiques du marché ?

Concernant la problématique des intérêts négatifs qui commence à toucher certaines OIP et intercommunales, Ores détient-elle des emprunts à taux variable dont le fixing est théoriquement devenu négatif ? Comment se comporte la société face à cette problématique ?

Enfin, dans le cadre d’une gestion de dette devenant de plus en plus complexe, Ores est-elle conseillée par des consultants externes ? Si oui, lesquels ? Sinon pourquoi ?

Questions du menteur au mentor

Les attaques de M. Grifnee à mon encontre continuent de plus belle.

  • Pourquoi sa défense aujourd’hui se limite-t-elle à essayer de me discréditer ?
  • Pourquoi est-il si virulent, pourquoi tant d’agressivité ?

Une intervention de GRIFNEE sur la RTBF le 13 juin…

Je pose des questions depuis 2013, toujours sans réponse documentée… je suis donc amené à faire des hypothèses à la place d’avoir des réponses des personnes autorisées. Mes hypothèses sont peut-être caduques, mais alors il serait temps de me documenter là où il y a des erreurs d’analyse, celles-ci se base sur les documents publics : bilans, rapport de gestion, etc., que tout le monde peut trouver sur internet, publiés par les différents protagonistes.

M. Grifnee, me traite de menteur et me reproche d’avoir une attitude « méchante », si c’est sa seule réponse auquel j’ai droit c’est quand même léger, non ?

Je pense que M. GRIFNEE a beaucoup de choses à nous apprendre. Mais aujourd’hui, il se positionne comme ORES et botte en touche sur les questions qui concernent ELECTRABEL et la période où il y était employé.

Depuis 2013, je pose des questions, toujours sans réponse, et ce sont toujours les mêmes personnes qui répondent.

Ce dont on n’a pas encore parlé ! Les questions en suspens.

Sur les rémunérations,

  • Il y a des stocks options dans votre bilan. A qui profite ces options, quelles sont les règles d’attribution ? Plan Stock Options 9.193.823,88 (Page 35 du rapport financier ORES Scrl 2016)

ECS, la revente de parts à Electrabel et le rachat du réseau.

  • Les pertes ECS de ces dernières années seraient globalement dues au secteur GAZ. Comment expliquez-vous que ce secteur génère des pertes ? Certains experts considèrent que le réseau de gaz ne va pas se développer beaucoup plus qu’aujourd’hui, vous semblez suivre une autre logique, pourriez-vous nous l’expliquer ?
  • Vous dites qu’Electrabel a touché 410 millions pour le rachat des 25% d’ORES Assets, mais Electrabel aurait eu droit à la participation bénéficiaire en 2016, est-ce donc 21 millions supplémentaire, ces 21 millions sont inclus dans les 410 ? Source : Page 8 dans le rapport de gestion, 5e point, « Engie Electrabel a droit au dividende complet de 2016 ». Fin décembre 2016, un acompte sur dividende a été versé de 47,9M. Soit 12 M pour EBL, sur les 21 M mentionnés ci-dessus. ( page 38/43).

Annexe : article sur enquête en cours sur le marché du gaz

  • Dans l’autre opération (revente de nos parts dans ECS) Les pouvoirs publics n’ont pas eu de participation au bénéfice sur l’année 2015 et 2016 !!! soit 25% de 40M pour 2015 et 2016 ???

Les autres questions auxquelles il serait bien de répondre dans le cadre de l’enquête administrative ouverte à la demande des ministres LACROIX et DERMAGNE:

  • Comptez-vous effectuer un refinancement de notre dette ?
  • Quelle est votre position sur la nouvelle méthode tarifaire de la Cwape ?
  • Quel est l’impact de cette nouvelle tarification sur le tarif d’ORES à partir de 2019 ?
  • Quelles sont vos prévisions financières pour cette période ? Si possible sur plusieurs années et l’impact financier de ses mesures sur le tarif ?
  • Les délais de nos emprunts dépassent la durée de vie de la société. Les changements de statuts doivent se faire pour sortir de l’illégalité actuelle. Pourquoi ne pas mettre la durée de vie de la société à durée indéterminée ?
  • Intermixt et le GIE fonctionnent de consort, pourrez-vous nous expliquer en quoi ces 2 structures sont aujourd’hui redondantes ?
  • Pouvez-vous comparer le cout d’exploitation entre 2 réseaux de quasi même taille : RESA et ORES Hainaut, comment expliquez-vous ces différences ?
  • La facture pour les petits consommateurs (monohoraire 2200kWh) montre des écarts très importants (jusque 100€ de différence par année), comment expliquez-vous que ce sont les petits consommateurs qui doivent payer pour les gros consommateurs ?

  • Elia a annoncé sa vision à l’horizon 2050, quelle projection avez-vous pour 2020 ? Pouvez-vous nous expliquer comment vous allez financer la croissance dont vous nous parlez sans cesse, et quel est l’impact sur la facture du consommateur ? http://www.elia.be/~/media/files/Elia/publications-2/Rapports/Elia-view-on-Belgium-Energy-Vision-for-2050-EN.pdf
  • Dans ces projections pouvez-vous nous expliquer quels dividendes sont prévus pour les communes, si le tarif de distribution n’évolue pas ?
  • Selon DELOITE (avril 2017), les prix de 10 à 40% trop importants pour les gros consommateurs sont dus essentiellement aux coûts de transport et de distribution, pouvez-vous expliquer ?
  • Le prix du transport et de la distribution pour les PME qui n’accèdent pas à ce tarif serait proportionnellement bien plus handicapant pour les PME que pour les gros consommateurs qui subissent, eux, une différence entre 10 et 40% selon DELOITE. Commet pensez-vous pouvoir réduire les frais pour les PME ?

Annexes :